Correspondant à l’étranger : une vocation pour Florence Morice
Vendredi 15 février 2008, le théâtre du Collège International de Cannes accueille Florence Morice. Tom et Paul de deuxième année en journalisme animent l’entretien, sans micro cette fois-ci. Cependant cette journaliste de 26 ans, à l’aise et au sourire pétillant, peut se faire entendre pour évoquer son expérience en qualité de correspondante à l’étranger. Vocation qu’elle a mise entre parenthèse puisque depuis son retour en France il y a deux mois, elle travaille comme enquêtrice pour la chaîne de télévision Arte. C’est en projet mais dans l’avenir elle compte bien réitérer l’expérience à l’étranger, même si rien ne s’obtient sans volonté ni abnégation, précise-t-elle.
Après le CFJ, une des écoles qui forment les étudiants au métier de journaliste, place au monde du travail pour Florence Morice. Nous sommes en 2005.
En plus de son goût prononcé pour les voyages, c’est un « regard » qu’elle a tenté de se forger en Egypte : « J’ai pigé pendant deux ans à l’étranger. Dans ce pays on traite de sujets plus exaltants, plus intéressants par rapport aux rédactions parisiennes ».
Cette opportunité de carrière, elle la doit au volontariat international qui est subventionné par le ministère des Affaires étrangères français. En contrepartie elle a dû assumer certaines responsabilités, comme dispenser des cours aux futurs journalistes égyptiens. Passionnée elle l’est. A travers son métier elle désire changer les choses et pourquoi pas sensibiliser les gens sur les problèmes de leur pays.
Face à la réalité
« Il y a beaucoup de bureaux de correspondants au Caire. Et au final, peu de place. Ce n’est pas facile de faire son trou là-bas, mais c’est possible ». C’est avec ces mots teintés de réalisme, que Florence Morice rend compte de son métier pendant ces deux années. Elle admet qu’à son arrivée rien n’a été joué d’avance et que les obstacles ont été nombreux : apprendre la langue, se faire un nom dans la région, ainsi que les difficultés rencontrées pour se créer un réseau.
Mais ces contraintes ne sont rien face à la censure appuyée par le pouvoir dans ce pays, où le gouvernement égyptien a exercé des pressions sur un journaliste de Libération lorsqu’elle était correspondante. Circonstances qui ont amené le confrère à modifier un article sur l’éventuel prochain président égyptien. Cette pression croissante des autorités sur les journalistes a eu raison du retour de la jeune femme en France. Elle en a eu besoin.
Motivée
Malgré les ennuis techniques liés à un micro défectueux, Florence Morice captive la salle grâce à la passion du métier qui transparaît dans le rappel de son parcours : « En règle générale, dans cette profession c’est important de se spécialiser. Comme correspondant à l’étranger, il faut s’adapter à une région, à un pays sans renoncer ».
Cette blonde dynamique et enthousiaste a des projets plein la tête. A la fin de son contrat avec la chaîne ARTE, une opportunité lui est offerte afin d’intégrer Radio France. Le temps de digérer son apprentissage comme correspondante et elle répondra plus tard à l’appel de l’étranger. Iran : ce serait sa prochaine destination.
Danyl VASTO
février 27, 2008