Discrimination-logement : état des lieux
D’après Gabrielle Rau, correspondante départementale de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), 6 % des plaintes annuelles enregistrées par le siège de l’organisation à Paris sont liées à la ségrégation dans l’accès au logement. Sur l’ensemble des discriminations au logement constatées sur le plan national, la majorité est associée à l’origine ethnique, soit 33 % des inégalités observées. « Ces chiffres reflètent à peu près ce qui se passe au plan local », précise t-elle.
La Halde se décentralise, des antennes voient le jour notamment en PACA, Picardie, Nord-Pas-de- Calais. Depuis deux mois, un bureau a ouvert ses portes à Nice. La mission de Mme Rau est d’accueillir les personnes souhaitant déposer une réclamation : « beaucoup n’osaient pas porter plainte. Depuis que la Halde est physiquement présente, les langues se délient plus facilement ». Gabrielle Rau a reçu une vingtaine de dossiers depuis son installation. La plupart concernent des difficultés d’accès aux lieux publics ou l’obtention d’un travail. Aucune réclamation ne concerne le logement. Ce qui corrobore les propos de Daniel Falcone, directeur de la Chambre FNAIM 06 (Fédération Nationale de l’immobilier) : « Depuis que nous avons signé avec la Halde la charte de décembre 2005 afin de lutter contre toutes formes de discrimination, une seule agence FNAIM a été l’objet d’une réclamation. C’est peu à vrai dire. D’autant plus que notre adhérent a pu démontrer sa bonne fois. J’ajoute que si de telles pratiques existaient, il serait radié automatiquement de la Fédération ».
Toutefois, d’après une enquête du site Nouvel Obs.fr, daté du 5 juillet 2006, la région Paca, l’Ile-de-France et le Nord-Pas de Calais, accusent de fortes discriminations en matière de logement.
La Haute autorité en était arrivée à ce constat, après avoir testé 126 annonces dans 120 agences immobilières. Difficile d’étudier concrètement le cas des Alpes-Maritimes, puisque la Halde 06 n’a pas encore mis en place le testing.
Efforts accrus
Le 12 décembre 2005, La FNAIM et la Halde ont signé une convention. Son but : lutter contre les discriminations dans le secteur de l’immobilier. La Fédération s’est dotée d’un Code d’Ethique et de Déontologie, que ses adhérents doivent respecter. Plusieurs outils ont été mis à disposition : clip pédagogique avec SOS Racisme, sensibilisation des adhérents. Les agences peuvent s’autotester. Si elles n’obtiennent pas la moyenne, des modules de mise au point seront prévus.
Pourtant, dans les agences immobilières le sujet reste tabou. Celles de la FNAIM, auxquelles nous nous sommes adressés, n’ont pas souhaité répondre aux questions. Daniel Falcone reconnaît que quelques propriétaires sont réticents à accueillir « certaines catégories de population ». Il se souvient d’un tel cas à Dijon : « les agences de la Fédération se désolidarisent de ces propriétaires. Elles ne gèrent pas l’affaire. », ajoute-t-il.
Il y aurait, selon lui, davantage de discriminations dans les relations de particulier à particulier.
DANYL VASTO
Le cinéma engagé n’est pas mort
Comment dans un tel environnement artistique, dominé par Hollywood, le cinéma engagé, souvent indépendant, peut-il survivre ?
Face à l’hégémonie hollywoodienne, le cinéma engagé doit jouer des coudes pour s’imposer. La mondialisation qu’elle soit, culturelle, économique…, est un fait. Le cinéma hollywoodien marque son emprunte à travers le monde. Il crée de nombreux « blockbusters » chaque année. Son leitmotiv : la rentabilité.
Actuellement, ce qui caractérise le mieux le géant Hollywood, c’est son manque d’audace : qu’il soit idéologique, religieux ou politique. Biensûr cette icône de l’industrie cinématographique est capable de générer des films engagés. Le dernier en date est Collision de Paul Haggis : oscar du meilleur film en 2006. Mais il ne faut pas être dupe. Hollywood surfe sur la vague de la contestation de l’opinion américaine (La guerre d’Irak principalement). Ses fins commerciales sont indéniables : élargir son public au maximum.
Le cinéma ne se réduit pas aux superproductions. Un public différent est attiré par des films plus modestes, véhiculant une autre vision du monde. Certains d’entre eux vont même jusqu’à s’engager. C’est à travers ces films que la définition d’engagement prend tout son sens. Le cinéma évolue au fil du temps, mais il en existera toujours un de contestation : contre l’ordre établi d’un pays notamment. En définitive nous ne pouvons condamner le cinéma engagé à une mort inéluctable. La mondialisation n’y changera rien. Cette forme d’art a forcément eu des hauts et des bas dans son histoire ; mais tant qu’il y aura des hommes porteurs d’espoir, le cinéma engagé aura toujours des causes à défendre.
L’engagement revêt différentes formes. On peut s’engager politiquement, compris dans son sens le plus large. S’engager contre un gouvernement, contre une multinationale. Également de manière purement formelle, par l’utilisation accrue des nouvelles technologies comme les caméras numériques. Expérimenter dans le monde du 7ème art peut être une forme d’engagement. Tout comme faire des films à petit budget afin de conserver une certaine liberté artistique.
Le cas de la France ne représente pas une exception, malgré les difficultés rencontrées pour subventionner ce cinéma. Certains producteurs ont peur de se lancer dans de tels projets. C’est là que réside l’obstacle. Un cinéma engagé, contestataire, se caractérise souvent par le manque d’argent destiné à monter des films audacieux.
Années 90
Franck Garbarz, journaliste à la revue Positif, espère qu’un cinéma différent puisse s’exprimer et souhaite la promotion télévisuelle, afin de promouvoir des créations autres que celles proposées par Hollywood. Cependant, le cinéma engagé n’a pas attendu ces propositions pour émerger à nouveau.
En France, la deuxième moitié des années 90 se caractérise par la résurgence du « cinéma social ». On aurait tendance à le définir comme humaniste, souvent orienté à gauche. Outre cette remarque, intellectuels, cinéastes, historiens, s’accordent à dire que dans l’hexagone, ce genre cinématographique retrouve ses lettres de noblesse. Après les grèves de novembre-décembre 1995 et l’expulsion des sans-papiers de l’église Saint-Bernard durant l’été 96, le « cinéma social » trouve ses racines dans un contexte politique et social souvent très difficile, où les hommes politiques, partis politiques, syndicalistes, restent désarmés face à la montée des contestations dans la rue.
Des réalisateurs, comme Bertrand Tavernier, représentent une alternative aux souffrances de l’être humain. Souvenons-nous aussi que ces années sont marquées par la montée inexorable du chômage dans notre pays, par la crise des banlieues, dont La Haine (1995) de Mathieu Kassovitz, montre le désarroi des jeunes issus de ces quartiers. Le public est de plus en plus réceptif aux créations originales, moins conventionnelles. On associe souvent « cinéma social » à celui d’indépendant voire marginal. Les films de Guédiguian illustrent bien le propos. Son Marius et Jeannette (1997) remporte un large succès auprès du public français. L’engagement au cinéma peut parfois rapporter gros et ainsi contredire, de manière relative, l’idée que cet art ne possède pas de gros moyens.
Au demeurant, pouvons-nous définir ce cinéma d’engagé ? Le souci esthétique prend parfois le pas sur le message même du film. La contestation dans le cinéma français n’atteint pas le niveau des productions anglaises, pour ne citer qu’elles. Le militantisme dans l’hexagone engage souvent le cinéaste. Il ne cherche pas forcément à rallier les foules derrière sa cause. Ailleurs, certains artistes utilisent la contestation pour faire leur marque dans le milieu fermé qu’est le 7ème art. La démarche de Michael Moore est de plus en plus critiquée. Une qualité essentielle dans le cinéma engagé est l’honnêteté. Avec M. Moore, sommes-nous devant une démarche purement provocatrice ou militante ? Son propos semble parfois juste, mais l’esthétisme apporté à ses films parasite cette idée de probité. On en revient à la notion de subjectivité. Chacun peut se faire sa propre opinion sur où commence et où s’arrête l’engagement dans le cinéma.
Force du documentaire
Le cinéma engagé utilise toute la palette des sentiments humains pour pouvoir traduire en images les problèmes de notre temps : guerre, chômage, précarité… Il passe de l’humour avec Les virtuoses (1997), The Full Monty (1998), aux films plus sombres comme ceux de Spike Lee. Son cinéma s’intéresse particulièrement à la communauté noire, encline aux problèmes sociaux et racistes aux Etats-Unis. Les déshérités représentent aussi aux yeux de l’artiste une source d’engagement.
Dernier fait d’arme : « When The Levees Broke : A Requiem in Four Parts ». Réalisé en 2006, ce documentaire revient sur La Nouvelle Orléans dévastée par l’ouragan Katrina durant l’été 2005. Sans concession, Spike Lee recueille les témoignages d’une centaine de personnes afin de coller au plus près de la réalité.
Le documentaire est une arme terrible pour prendre position. Son réalisme a forcément plus d’impact qu’une simple fiction. Même scénarisé, le public le considérera comme plus réaliste donc honnête. Le documentaire ne demande pas des moyens colossaux, une simple caméra suffit. Les nouvelles technologies permettent même à des amateurs de devenir des cinéastes en herbe. Sur Internet nous avons des bloggeurs qui s’improvisent journaliste. On peut y voir le pire mais aussi le meilleur. Avec la démocratisation du cinéma chacun peut réaliser, entre autres, des films engagés, différents. La notion de différence peut être perçue comme une forme d’engagement. Le débat reste ouvert.
Par ailleurs en France, de nombreux festivals ont vu le jour ces dernières années. Associations, artistes, journalistes s’y côtoient le plus souvent. Ces manifestations se caractérisent par leur militantisme : le 5ème festival du film documentaire engagé, le 3éme festival international du film des droits de l’homme spécialement. Celui dédié au documentaire se déroule dans une ville presque inconnue Canton de Bretenoux.
Au risque de sa vie
A parler d’engagement, nous oublions les pays en voie de développement et du tiers monde. Il n’y a pas un cinéma engagé, mais plusieurs actuellement. Dans chaque pays, ce cinéma s’exprime différemment : selon son contexte historique, politique, religieux, culturel. Le monde occidental a ouvert la voix au cinéma militant, car son histoire l’a permis.
Dans les pays musulmans notamment, il faut encore attendre pour le voir émerger. Nous pouvons nous demander si l’avenir du cinéma engagé ne réside pas dans des pays, où des dictatures, des régimes oppressifs, des guerres civiles, ont muselé l’élan de liberté du peuple. Des hommes, des femmes prennent des risques pour témoigner d’une réalité cachée par le pouvoir en place. Nous sommes face à un cinéma engagé et courageux. Sa signification se renforce dans ces pays puisque des cinéastes risquent leurs vies pour lutter contre toute forme d’oppression.
Prenons la guerre civile en Algérie, durant les années 90. Deux documentaires marquent l’attention : Le démon au féminin (1992) de Hafsa Koudil et La moitié du ciel d’Allah (1995) de Djamila Sharoui. Deux visions de femmes en lutte contre la montée de l’intégrisme, et critiques envers le pouvoir en place. Ces deux films abordent le thème de la condition de la femme dans le pays. Le démon au féminin met en relief les abbérations du traitement qui lui est réservé en Algérie. Elles sont plus touchées que les hommes par le chômage, la précarité. Le film qui suit, Mariage de jouissance d’Hafsa Koudil, retrace l’histoire d’une femme subissant un viol collectif. Les oeuvres de ces deux artistes prennent la forme d’un plaidoyer en faveur de la liberté des femmes. C’est aussi un réquisitoire contre toutes formes de barbarie.
L’engagement au prix de sa vie. C’est le choix d’Hafsa Koudil. Elle n’a jamais voulu quitter son pays, malgré la guerre civile. Engagée jusqu’au bout, elle défie les islamistes qui l’ont menacée de mort.
Danyl Vasto
Des ouvrages traitant cette question ainsi que des sites internet ont permis de participer à la réalisation de ce dossier.
Carla et Nicolas
Les rumeurs vont bon train entre notre cher président et l’ex-top model Carla Bruni. Pourtant elles se sont avérées juste. A peine divorcé et le revoilà amoureux. Tous les médias en font leur une. Mais est-ce raisonnable ?
Le caractère moutonnier des journalistes est hallucinant. Sarkozy capte l’attention, manipule les médias à sa guise. En baisse dans les sondages, il a trouvé la solution. S’afficher avec sa nouvelle prétendante. Oubliez la visite contestée de Khadafi. Ce soir, aux J.T de TFI et de France 2, nous aurons droit à l’escapade amoureuse au parc Disneyland : audimat oblige.
Quel beau cadeau de fin d’année finalement. Pas une journée sans Sarko. Habile stratégie de communication car j’ai du mal à croire à cette liaison soudaine. Puis méler vie privée, vie publique. Non merci. Les français veulent qu’on résolve les problèmes du pays en priorité. Sur la baisse du pouvoir d’achat, sur la réforme des régimes spéciaux… Le président mise tout sur l’effet d’annonce. Cet épisode avec Carla Bruni ne représente pas l’exception. M. le président, vos ficelles sont trop grosses.
Danyl Vasto
Scarface : film culte
Le meilleur film qui traite de la mafia, avec l’impasse aussi. Le meilleur De Palma car la réalisation est géniale, inventive. Le scénario d’Oliver stone est sans concession : Al Pacino campe à merveille le personnage de Tony Montana, sorte de névrosé drogué à mort. L’émotion est au rendez-vous et le final est tout simplement magistral. Du grand art, avec en prime une véritable claque en matière de réalisation. Le film diffuse de nombreux messages intéressants. A voir absolument puisqu’il se bonifie avec le temps.
France : mauvaise élève en matière de liberté de la presse
Vendredi 14 décembre, conférence au théâtre du collège international. L’invité est l’avocat Denis Del Rio. Cet homme, d’une trentaine d’années, s’occupe d’affaires traitant des médias et défend, entre autres, le groupe Nice-Matin. Lors du débat animé par deux étudiantes de deuxième année, il assure que la liberté de la presse semble avoir déserté la France. Les responsables : l’Etat et le système judiciaire français.
La France est (31e) selon Reporter sans frontières. Mal classée en matière de liberté de la presse, Me Del Rio recommande au pays de se remettre en question. Pour illustrer son propos, il revient sur « l’affaire Guillaume Dasquié » : des policiers de la DST avaient saisi les documents du journaliste, mettant en cause les services secrets français. « Les informations qu’il avait obtenues n’étaient pas un secret d’Etat. On l’impose alors que ce n’était même pas légitime. C’est un coup dur porté à la liberté d’expression », précise-t-il.Autre désagrément et de taille : les aberrations du système judiciaire français. 4 janvier 1993, la loi Vauzelle rentrait en vigueur : « le journaliste entendu comme témoin ne peut pas être contraint de révéler ses sources ». Mais certains juges savent contourner la loi : « S’il n’est plus témoin, il peut tomber sous le coup de l’accusation. Et là il devra les dévoiler », raconte Del Rio.
Choqué
Ce fils d’avocat, au tempérament impulsif, n’apprécie pas les juges. A l’aise, sûr de lui, il aime rendre service aux médias. Me Del Rio espère une véritable loi sur le statut des journalistes, qui régirait leurs droits mais aussi leurs devoirs : « Ces professionnels jouent un rôle crucial dans toute société ». Leur rôle est d’apporter une véritable opinion, tout en conservant un regard critique. Néanmoins, il est “choqué” lorsque des entreprises de presse sont détenues par des patrons proche de l’Etat, remettant en cause, justement, cette liberté d’opinion. On le constate avec Lagardère, ami de l’actuel président français. Del Rio recommande plus de transparence chez ces grands groupes. La liberté de la presse semble bel et bien menacée en France. Constat alarmant, d’autant plus qu’elle est libre en France depuis la loi du 29 juin 1881. L’avocat a détonné par son humour corrosif durant la conférence. Les étudiants en journalisme ont ri à gorge déployée aux vannes de l’invité. Face au malaise que rencontre la profession dans notre pays, une pointe d’humour permet, parfois, de rendre compte d’une vraie problématique.
Danyl Vasto
Exergue« Le journaliste joue un rôle crucial dans toute société ».
L’Algérie n’en a pas fini avec le terrorisme
Photo prise sur le site de RSR.ch
L’Algérie n’aura même pas eu le temps de repanser ses plaies, qu’un nouveau fléau s’abat. Après la guerre civile qui a endeuillé le pays durant les années 90, le maghreb est de nouveau confronté à des attaques terroristes : tout aussi barbares. Al-Qaïda, bien qu’affaiblie, attaque, tue… inexorablement. Pourquoi tant de folie, pourquoi autant de morts inutiles ? A croire que ce groupe terroriste pense pouvoir imposer son idéologie par la violence. Comme tout fascisme, il sera condamné à disparaître. Le problème est de savoir quand.
Pour l’heure, tous les pays, tous les gouvernements, doivent rester vigilants. Ce combat contre un ennemi qui n’a pas de visage, reste malheureusement d’actualité. Il faut traquer ces fous qui tuent au nom de Dieu. Je souhaiterais que le monde musulman, entre autres, se soulève comme un seul homme contre l’islamisme : à ne pas confondre avec l’Islam qui est une religion de paix. Personne ne doit rester sourd face aux menaces délirantes d’une minorité cherchant à imposer sa vision du monde.
Danyl Vasto
Sarkozy invite le diable
Reuters/Parue dans le Monde.fr
Inviter Kadhafi en France, impensable il y a encore quelques années. Pourtant Nicolas Sarkozy l’a fait. La Réal-politique bat son plein. Dénigrer les valeurs de la république, afin de signer des contrats juteux avec la Lybie.
Naïvement le président français a demandé à son hôte : “de progresser sur le chemin des droits de l’homme”, (lire le Monde.fr). Mais oui Kadhafi va s’y atteler dès son retour.
Il a retourné sa veste durant la nuit. Le terrorisme c’est fini. Super ! Nicolas Sarkozy a plein de projets pour la Lybie. Depuis que les infirmières bulgares et le médecin palestinien ont été libérés, M. Kadhafi est un homme respectable. Il avait auparavant commandité quelques attentats par-ci, par-là, mais ce temps là est révolu. Les familles des victimes seront indemnisées après tout.
Blague à part, j’ai froid dans le dos lorsque je vois un dictateur se pavaner à L’Elysée. Pas vous ?
Danyl Vasto
décembre 21, 2007
décembre 19, 2007
décembre 18, 2007


